Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /Sep /2009 14:34

Parti Socialiste : gardons l’espoir !

 

Un monde en crise

Dans un monde aujourd’hui comparable, comme le dit Paul Virilio (1),  à un avion sans cabine de pilotage, il est urgent de reconstruire  le poste de pilotage et d’y placer un équipage avisé.

La crise majeure que nous connaissons n’est certes pas la première que le système capitaliste traverse mais elle souligne encore plus que les précédentes le cynisme et l’égoïsme auxquels conduisent les excès d’un tel système. Aucun dirigeant des grands états du monde n’est en mesure actuellement  d’infléchir la course folle au profit dans laquelle sont lancés les organismes financiers (2) , soucieux avant tout d’une rentabilité immédiate, au travers de leurs traders, champions des gains ou parfois des pertes au sein de l’économie virtuelle. Mais elle n’est pas virtuelle la conséquence de leurs paris cyniques et dangereux sur les millions de travailleurs dont le pouvoir d’achat diminue quand ils ne perdent pas leur emploi.

La mondialisation ne peut-elle pas emprunter une autre voie que celle de ce capitalisme sauvage, espèce de Moloch insatiable, pilleur des ressources naturelles, auquel on sacrifie les plus fragiles des enfants de la Terre ?

 

Quelles solutions ?

La solution existe, sans doute, elle doit émerger très vite si nous ne voulons pas mettre en péril l’avenir de notre patrimoine commun, la Terre, sur laquelle nous ne faisons que passer et que nous avons le devoir de transmettre à nos descendants dans les meilleures conditions.

La solution, elle ne peut être que mondiale, liée à une prise de conscience collective aboutissant à une gouvernance respectueuse de l’environnement et veillant à une plus juste répartition des biens entre les hommes.

La solution, elle peut déjà être esquissée au niveau national, même si ce n’est pas suffisant. Mais ce n’est pas par les effets d’annonce, par les rodomontades contre les grands banquiers (qui savent qu’ils n’ont rien à craindre) comme le fait notre président actuel que nous ferons changer les choses.

Non, il nous faut nous engager dans un véritable changement dans notre système de valeurs, mettre fin à cette nouvelle caste de financiers sans scrupule. Pour cela l’Etat doit peser réellement au sein des banques pour qu’elles acceptent de prêter davantage aux petites et moyennes entreprises. Certes, le rendement de tels prêts sera moins intéressant pour elles, mais cela permettra de sauver des emplois, voire d’en créer. Le tissu des PME-PMI est le plus porteur d’emplois mais aussi le plus fragile, c’est vers lui qu’il faut orienter l’épargne en priorité.

 

Et le Parti Socialiste ?

J’en viens au Parti Socialiste : la dernière Université d’été du PS à La Rochelle, les 28, 29 et 30 août derniers à laquelle j’assistais a été boostée par un vent nouveau, venant de l’Atlantique, probablement des côtes américaines à l’Ouest. Est-ce l’effet Obama ? Toujours est-il que ce fut un moment fort de rassemblement, de réflexions et de propositions. Les milliers de militants présents sont repartis ragaillardis par les pistes mises en avant par Martine Aubry, que ce soient la proposition de primaires ouvertes (à définir), le non cumul des mandats, la réflexion sur le projet pour 2012 et j’en passe.

S’il n’y a pas de pilote dans l’avion au niveau mondial, au niveau de chacune des 20 régions dirigées par la Gauche, nous avons un équipage et son pilote dans la cabine de pilotage.

 Pour le Poitou-Charentes, pour parler de celle que je connais le mieux, le pilote et son équipage, contrairement à ce qui se passe au niveau de l’Etat, ont su prendre la mesure de la crise et intervenir au mieux de leurs moyens pour aider les entreprises en difficulté, pour prendre le virage d’un progrès plus respectueux de nos ressources naturelles, pour favoriser l’accès de tous à la culture. (CF les Nuits Romanes.)

Non, contrairement à ce qu’affirmait un philosophe récemment, le Parti Socialiste n’est pas mort. Peut-être s’était-il assoupi, comme la Belle au bois dormant du conte, mais la brise du charmant port de La Rochelle l’a réveillé. Il a craché le morceau de pomme empoisonnée qu’il avait en travers de la gorge et il se prépare avec confiance et détermination pour de nouvelles échéances.

 

Paul Virilio est philosophe, urbaniste et essayiste. Sa hantise, c'est le déficit démocratique dû à la vitesse et à la course au temps liées à l'informatisation de la société.

Cf la dernière réunion du G20.

 

Gérard MINAULT, 

Secrétaire de la section de Civray-Charroux du Parti Socialiste.

Publié le 2 septembre 2009.

Par Gérard Minault - Publié dans : Réflexions
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