« Qu’est-ce que le peuple ? C’est ce qui, dans une nation, ne veut jamais s’agenouiller. » Albert Camus.
L’auteur de « La Peste » s’y entendait en esprit de résistance, lui qui participa à la lutte contre les Nazis et fonda le quotidien « Combat » pendant la seconde guerre mondiale.
Certes, nous ne sommes plus au temps où la peste brune du nazisme se propageait insidieusement en Europe, profitant de la faiblesse coupable des démocraties qui lui faisaient face.
Mais aujourd’hui, dans notre pays, se développe une autre forme d’atteinte aux libertés individuelles et collectives.
Si nous n’y prenons pas garde, c’est toute l’organisation sociale de la France, fondée à la fin de la seconde guerre mondiale par le Conseil National de la Résistance, qui va être mise à mal, voire démantelée. Le paradoxe, c’est qu’au moment où la crise mondiale que nous traversons fait la preuve de l’utilité d’une organisation sociale à la française contre les excès de l’ultra-libéralisme, notre président poursuit son entreprise de démantèlement des services publics. Fidèle à son crédo libéral malgré un gauchissement de son discours qui ne trompe que les naïfs il soigne sa communication, rencontre les dirigeants des grandes banques en présence des caméras pour bien montrer qu’il se fâche tout rouge contre eux et qu’ils ont intérêt à moraliser leurs pratiques sous peine de punition. Toute cette mise en scène est destinée à amuser la galerie, un point c’est tout.
Un autre aspect qu’il faut dénoncer, c’est le détricotage de la décentralisation qu’opère petit à petit le chef de l’état et son gouvernement. Si nous, tous les citoyens attachés à la démocratie locale ne réagissons pas, c’est tout l’esprit des lois de décentralisation mises en place par le gouvernement de Pierre Mauroy qui va disparaître. Le but du chef de l’état est d’enlever le pouvoir d’initiative et l’autonomie qui avait été accordés aux régions et aux départements et de contrôler plus directement, par le biais de préfets caporalisés à ses ordres, les exécutifs régionaux et départementaux.
Il faut savoir qu’actuellement un redécoupage des circonscriptions se prépare, sous prétexte de les actualiser en fonction des évolutions de population. En réalité l’objectif caché est de rendre certaines de ces circonscriptions plus faciles à gagner pour les candidats de l’UMP. En fonction des projections actuelles, si ce projet voit le jour, une trentaine de postes de députés actuellement acquis à la gauche pourraient revenir à la droite.
Non, nous ne sommes pas sous un régime totalitaire, non, nos libertés n’ont pas été supprimées, fort heureusement notre démocratie est encore bien vivante, mais certains signes doivent nous amener à réfléchir à l’évolution que pourrait connaître notre république si nous n’utilisons pas suffisamment nos droits de citoyens, droits de nous informer et de ne pas nous laisser endormir par les effets d’annonce, par une politique de communication visant avant tout à camoufler la réalité et à nous détourner des questions de fond.
Prochainement, le trois octobre, sera organisée la première « votation » à l’initiative des partis de gauche, des syndicats et de nombreuses associations nationales. Il s’agit de donner à tous les citoyens qui le veulent l’occasion de s’exprimer par un vote sur le statut que nous voulons pour la Poste. Voulons-nous qu’on poursuive sa privatisation ou voulons-nous qu’elle demeure un service public accessible à tous, sur tout le territoire ? Même si ce vote a une portée symbolique, j’invite tous les citoyens attachés à la défense des services publics à venir s’exprimer. Plus nous serons nombreux, plus la portée de cette votation sera forte et en mesure d’être entendue au plus haut niveau de l’état.
Civray, le 7 septembre 2009.
Gérard Minault
Secrétaire de la section de Civray-Charroux du Parti Socialiste.